Le guardian a publié le 07 août un article intitulé "Climate change : Prepare for global temperature rise of 4°C, warns top scientist" qui rapporte les propos du professeur Bob Watson (qui a été notamment ex-directeur associé pour l'environnement de Bill Clinton, conseiller pour le développement durable à la Banque Mondiale, et qui est depuis septembre 2007, conseiller scientifique en chef du DEFRA (Department for Environment, Food and Rural Affairs)).

Celui-ci indique que dans des domaines comme la protection contre les innondations, l'agriculture et l'érosion côtière, il faut se préparer aux effets d'un réchauffement global de +4°C par rapport aux niveaux pré-industriels.

"Il n'y a aucun doute que nous devons avoir comme objectif de limiter à +2°C la hausse de la température globale moyenne par rapport à l'époque pré-industrielle. Mais étant donné que c'est un objectif ambitieux, et que nous ne savons pas en détail comment limiter les émissions de gaz à effet de serre pour atteindre cette cible de +2°C, nous devons nous préparer à nous adapter à une hausse de +4°C."

Sir David King, ancien conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique, complète que même avec un accord global pour maintenir les niveaux de CO2 dans l'atmosphère en-dessous de 450 ppm (parts par million), il y a une probabilité de 50% pour que les températures augmentent de plus de 2°C et une probabilité de 20% pour que la hausse excède les 3,5°C.

Mark Lynas, écrivain (auteur de Marée montante (critique) et journaliste free-lance spécialiste du réchauffement climatique, réagit dans un article intitulé "Climate change catastrophe by degrees". Il estime que la stratégie "réduire pour 2°C, s'adapter pour 4°C" est vouée à l'échec. Les impacts prévisibles d'une hausse des températures de +4°C suggèrent qu'un changement si radical toucherait les limites des capacités d'adaptation de nos sociétés, sans parler d'avoir un effet désastreux sur les écosystèmes naturels qui supportent l'humanité dans son ensemble.

La concentration de CO2 dans l'atmosphère est cette année de 385 ppm. Une campagne se monte actuellement pour l'abaisser à 350 ppm, le niveau du milieu des années 80. Cela ne signifie pas juste réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais les ramener à 0 rapidement (d'ici 2050 ou avant), puis enlever une partie de l'excès de C02 que l'humanité a déjà rejeté dans l'atmosphère. La planète se réchaufferait encore, mais pas au niveau de ce qui est prédit aujourd'hui.

Joss Garman, chargé de campagne à Greenpeace UK et fondateur du mouvement Plane Stupid qui vise à "ramener l'industrie de l'aviation à terre" accuse dans une tribune intitulée "The truth is, we're fighting for survival" le deux poids deux mesures des médias anglais quant au traitement respectif des militants écologistes et des fournisseur d'énergie (qui s'opposent en ce moment sur la construction d'une nouvelle centrale au charbon à Kingsnorth, lieu du Climate camp 08).

Avec le changement climatique, pour être "sérieux", vous devez reconnaître que la fin du monde est un détail intéressant dans le schéma global du "progrès" économique, mais ne jamais succomber à la naïveté incroyable des manifestants qui ne parviennent pas à réaliser que la survie de la vie sur terre est un luxe bourgeois que nous ne pouvons pas nous offrir dans cette époque de rigueur économique.

Oliver Tickell, auteur de Kyoto2, intervient dans le débat avec son papier intitulé "On a planet 4°C hotter, all we can prepare for is extinction". Selon lui, l'idée que l'on pourrait s'adapter à une hausse des températures de +4°C est absurde et dangereuse. Il affirme que nous allons devoir renoncer à exploiter la plupart des énergies fossiles de la planète.

Sa solution ? Se débarrasser du système d'allocation de quotas et mettre en place une unique "casquette" (cap ?) sur les émissions de gaz à effet de serre qui s'appliquerait par exemple sur les raffineries de pétrole, les usines de nettoyage de charbon (coal-washing station ??) et les fabriques de ciment. Une vente aux enchères globale de permis permettant alors de financer des solutions au changement climatique. Il estime que ce système génèrerait 1 000 milliards de $ par an, soit un quart de la dépense mondiale en pétrole. "A price well worth paying."