Al Gore a lancé un défi à son pays, produire d'ici à 10 ans 100% de son électricité à partir de sources d'énergie renouvelables. Si l'on considère que les challenges sont de bonnes façons de mobiliser autour d'une thématique, on peut se demander quels sont les défis que les villes sont susceptibles de relever en 10 ans (ie : d'ici 2018) ?

La Commission Européenne vient de lancer le pacte des maires pour que des collectivités s'engagent formellement à réduire de 20% leurs émissions de GES d'ici 2020. Ce projet rassemble déjà 123 villes dont Paris, Rome, Londres, Madrid,Helsinki, Amsterdam, Berlin, Copenhague, Bruxelles, mais aussi Lyon, Lille, Montpellier, Nantes, Dunkerque ou encore Grenoble. Il a le bon tempo. De l'ampleur. De la rigueur (la Commission exclura du dispositif les villes qui ne soumettraient pas dans les temps leur plan d'action, puis leurs rapports annuels, ou qui ne se donneraient pas les moyens d'atteindre les objectifs). Ma seule remarque porte sur l'adhésion au projet. Réduire de 20% les émissions de GES de son territoire, c'est moins sexy que les 100% d'électricité renouvelable d'Al Gore.

La ville de Växjö (Suède, 78 000 habitants) a pris la décision en 1996 de devenir une ville sans combustibles fossiles. Le premier objectif est d'atteindre d'ici 2010 une baisse de 50% des émissions de CO2 par habitant par rapport à 1993. En 2005, plus de 50,7% de l'approvisionnement énergétique provenait de sources renouvelables (très forte utilisation de biomasse pour le chauffage). L'objectif est extrêmement ambitieux, donne une identité à la collectivité, crée une émulation autour d'une vision que les habitants peuvent s'approprier. Ce projet est fort, attrayant et structurant. Même si aucune date n'a été fixé pour l'atteinte du "zero fuel", il fait désormais partie de l'imaginaire collectif de ses habitants et façonne son évolution.

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